Situés à une distance d’environ une heure du centre-ville d’Athènes, les sites archéologiques de l’Attique orientale peuvent ne pas être aussi connus que ceux du Parhénon, du Erechteion, du temple de Poséidon au cap Sounion ou de l’ancienne Agora au pied du rocher de l’Acropole. Il n’en reste pas moins qu’ils se dressent toujours là, imposants, pour communiquer au visiteur contemporain une partie de la grande Histoire de la Grèce antique.
Des sites du culte des Douze dieux, des lieux chantés par les grands dramaturges de l’antiquité et des sites où la nature et la mer sont en parfaite harmonie avec l’architecture antique. Voici les quatre sites archéologiques qui se trouvent dans la partie est du département de l’Attique et qu’il faut avoir visité au moins une fois dans sa vie.
Le site archéologique - Ramnounda
Dans la vallée de Limikos, donnant sur le détroit d’Eubée, les vestiges de l’ancien établissement de Ramnounda nous rappellent la vengeance sauvage de la déesse Némésis. En effet, c’est ici que se trouvait le plus grand lieu du culte de la déesse, de toute la Grèce antique. Le temple a été construit au 6e siècle av. J.-C., sur un site d’une grande importance stratégique pour l’armée athénienne, surtout en raison de son excellente communication avec la mer. En outre, tout au long de la Guerre du Péloponnèse, les deux petits ports du golfe accueillaient les céréales qui alimentaient la cité d’Athènes.
Le temple de Némésis ainsi que le fort qui protégeait l’agglomération de Ramnounda - qui était et est toujours verdoyante - furent révélés lors de fouilles menées par les archéologues entre 1880 et 1892. De nos jours, une escapade sur le site peut être combinée avec une randonnée dans la nature ou une baignade sur les belles plages des environs.
Le temple d’Artémis et le musée archéologique - Vravrona
Au 5e siècle av. J.-C., l’on construisit à Vravrona le sanctuaire de la déesse Artémis, reine des montagnes et des forêts et patronne de la chasse, des jeunes enfants et des animaux. Le nom de ce beau lieu du culte, à côté de la mer, est lié à une des figures les plus tragiques de la dramaturgie antique. Iphigénie, jeune princesse de Mycènes, fut conduite par son père, Agamemnon, à Aulis pour être sacrifiée sur l’autel de la déesse, en échange des vents cléments dont les Achéens avaient besoin pour se rendre à Troie. Mais, au dernier moment, Artémis eut pitié d’Iphigénie et l’emporta dans son temple pour en faire une prêtresse.
Le temple d’Artémis était d’ordre dorique, tout comme la Stoa, un édifice en forme de « Π » inégal, qui entoure le lieu du culte. De nos jours, malheureusement, une grande partie du temple n’existe plus. Toutefois, une visite au musée archéologique de Vravrona vous permettra de saisir le profond sentiment que laissent les vestiges du temple. Vous pourrez y voir plusieurs objets, dont plusieurs statuettes de jeunes filles, les petites Arkti, qui de l’âge de 5 à 10 ans étaient au service d’Artémis.
Le sanctuaire des dieux égyptiens - Nea Makri
Au 2e siècle ap. J.-C., un des hommes les plus puissants de l’époque, Hérode Atticus, fit construite un temple consacré aux dieux de l'Égypte antique. Isis, la déesse que les Grecs assimilaient à Déméter, Héra voire, à Sélini, se tenait, imposante, aux côtés d’Osiris, divinité équivalente à Dionysos ou à l’Hadès, en Grèce antique.
Le sanctuaire des dieux égyptiens se trouve à Mikro Elos de Brexiza, à Nea Makri. Il présente la forme d’un carré parfait, de 50 sur 50 mètres. Selon les découvertes des archéologues, il se trouvait sur une petite île qui était lié à la terre ferme au moyen d’un canal. Dans le grand temple, se trouvaient d’énormes statues qui, malheureusement, ne sont pas conservées dans leur intégralité. Toutefois, vous pourrez en voir des fragments au musée archéologique de Marathon.
De nos jours, il existe dans le temple des reproductions des anciennes statues qui donnent une bonne idée de la véritable taille du temple mais aussi des sculptures qui l’ornaient, communiquant le caractère imposant de ce sanctuaire égyptien dans l’espace helladique.
Le site archéologique d’Amphiario - Oropos
Dans une vallée regorgeant de pins, sur la route vers Kalamos, se trouve le site archéologique d’Amphiario, dans un paysage enchanté, où l’eau rejoint les espaces verdoyants.
Depuis le 5e siècle av. J.-C., Amphiario opérait comme oracle et, contrairement à d’autres oracles majeurs de l’antiquité, il n’était pas consacré à un des 12 grands dieux mais au héros de la mythologie, Amphiaraos qui, suite à la trahison de son épouse, Ériphyle, et de son beau-frère, Adrastos, fut contraint de participer à la campagne qui est connue comme la guerre des Sept chefs contre Thèbes. Cet incident est raconté en détail par Eschyle, dans la tragédie Les Sept contre Thèbes qui est la dernière partie de la trilogie thébaine.
Les fouilles archéologiques menées sur le site s’étendirent de 1884 à 1929, année à laquelle on mit à la lumière des colonnes du temple d’ordre dorique, dont la majeure partie n’existe malheureusement plus. Toutefois, demeure impressionnante l’énorme stoa du temple, longue de 110 mètres et large de 11 mètres, où les visiteurs et les voyageurs qui se rendaient à l’oracle pouvaient se reposer. Il y a également le théâtre qui, cependant, est un édifice ultérieur, datant du 2e siècle, construit en pierre et en bois.